accueil
chroniques
newsletter
partenariats
contact
Union mortelle vampire
LE Bonheur national brut
Outlander 2
Catherine Certitude
Apocalypse Bébé
Marjane
Echange des princesses

La Plume d'Ivoire

Jeune libraire partageant ses avis de lecture.

Amours - Leonor de Recondo

Amours

de Leonor de Recondo

Sabine Wespieser (2015)

280 pages

 

Quatrième de couverture : 

 

Nous sommes en 1908. Léonor de Récondo choisit le huis clos d’une maison bourgeoise, dans un bourg cossu du Cher, pour laisser s’épanouir le sentiment amoureux le plus pur – et le plus inattendu. Victoire est mariée depuis cinq ans avec Anselme de Boisvaillant. Rien ne destinait cette jeune fille de son temps, précipitée dans un mariage arrangé avec un notaire, à prendre en mains sa destinée. Sa détermination se montre pourtant sans faille lorsque la petite bonne de dix-sept ans, Céleste, tombe enceinte : cet enfant sera celui du couple, l’héritier Boisvaillant tant espéré.
Comme elle l’a déjà fait dans le passé, la maison aux murs épais s’apprête à enfouir le secret de famille. Mais Victoire n’a pas la fibre maternelle, et le nourrisson dépérit dans le couffin glissé sous le piano dont elle martèle inlassablement les touches.
Céleste, mue par son instinct, décide de porter secours à l’enfant à qui elle a donné le jour. Quand une nuit Victoire s’éveille seule, ses pas la conduisent vers la chambre sous les combles…
Les barrières sociales et les convenances explosent alors, laissant la place à la ferveur d’un sentiment qui balayera tout.

 

* * *

 

            Leonor de Recondo est une violoniste baroque française, publiée aux éditions Sabine Wespieser. Amours, son nouveau roman est sorti pour la rentrée littéraire de janvier et est son troisième publié chez cet éditeur. Après avoir « raté » l’occasion de lire Pietra Viva à sa sortie, il était temps pour moi de découvrir sa plume.

 

            Avec un style très doux et pur, Leonor de Recondo nous entraîne en 1908 et nous conte l’histoire de Victoire, bourgeoise mariée à Anselme qu’elle n’aime pas et que leurs moments intimes dégoûte. Sa vie lui semble bien vide et, sans enfant, elle subit le jugement de sa famille mais aussi de ses « amis ». Son mari, assez peu vertueux, ne s’empêche pas d’aller régulièrement violer la bonne. C’est d’ailleurs à cause de cela qu’un enfant illégitime sera conçu menaçant l’avenir et la réputation de la maison. Pour éviter le déshonneur et enfin obtenir une paternité chère à leurs cœurs, mais que la nature s’acharne à leur refuser, les maîtres de la demeure s’approprient l’enfant.

 

            C’est par cet enfant et le manque d’instinct maternel de Victoire que les deux femmes vont se retrouver liées intimement. L’amour qu’elles portent toutes deux au bébé, fait naître  entre elles une passion qui leur permettra de s’épanouir en se libérant de l’asservissement de la société et de l’homme. Leur relation se met en place très rapidement, sans aucune transition et sort de nulle part. Leur comportement peut également paraître assez déconcertant, puisqu'elles agissent parfois en contradiction avec ce qui se déroule plusieurs chapitres en amont. Ne vous attendez pas à vous attacher aux personnages, la distance que met entre nous la narration couplé au fait que les personnalités des personnages sont assez effacées, rendent cela difficile. Le centre du récit se fait beaucoup plus autour du message à faire passer et l'ambiance qu'instaure Leonor de Recondo par sa jolie plume

 

            La portée éminemment féministe de cette œuvre passe par des symboliques très fortes. Victoire brûle ses corsets pour abroger le carcan dans lequel l’enferme la société à cause de son sexe. Cet épisode rappelle très clairement le mouvement féministe des années 70 pour la libération sexuelle. Ce n’est qu’en brisant les entraves que l’on a tissé autour des femmes qu’elles peuvent s’éveiller à leur féminité, non pas celle que cette société misogyne impose, mais un instinct de femme.

 

            La figure de l’homme est ici presque handicapante, oppressante et clairement misogyne. Chacune tente d’esquiver comme elle peut les moments inéluctables d’intimité qu’Anselme leur impose. Dans un acte purement égoïste, sa seule jouissance compte et les enferme dans un rôle vulnérable et soumis. C’est en se libérant enfin de cette domination de mâle qu’elles se découvrent et vivent enfin. Elles apprivoisent une liberté, nouvelle pour elles, qui leur permet d’écouter leurs désirs et les assouvir. Cette féminité dont elles n’avaient pas conscience, éclot et les éveille comme une renaissance.

 

            Leonor de Recondo nous conte cette histoire avec une grande douceur et une sensibilité à fleur de peau, tout en y ajoutant une légère distance qui nous permet d’avoir un peu de recul pour appréhender au mieux les évènements. On suit la naissance de cet amour pur, qui se met en place vraiment rapidement, et l’émancipation de ces deux femmes avec intérêt et une bienveillance presque maternelle.

            Les droits des femmes ont beau avoir évolués, on se retrouve finalement très bien dans cette histoire car les mêmes genres d’obstacles sont toujours présents. L’infériorité des femmes est toujours implicite et le sexisme ne se cache pas toujours très bien. Il ne faut pas non plus faire de généralités mais dans beaucoup de cas, le sexisme ne s’est pas envolé.

 

            Le texte de Leonor de Recondo est un récit magnifique, une ôde à la féminité et qui prend le contrepied des clichés sexistes dont nous sommes abreuvés. Ces deux femmes qui ne s’épanouissent véritablement qu’en étant elles-mêmes sans contraintes. C’est un merveilleux roman à découvrir qui fait passer son message tout en douceur et justesse avec une plume délicieuse, très séduisante qui nous plonge dans un cocon chaleureux, même malgré les quelques évènements violents qui nous sont contés.

            Une merveilleuse découverte qui me pousse très fortement à découvrir les autres romans de Leonor de Recondo.

 

 

* Au passage, j’en profite pour vous donner le lien d’un article de Virginie Despentes sur le cas de la femme dans le milieu du cinéma [où la femme est souvent une gourde qui ne devient intéressante que dans son rapport à l’homme…].

 

 

Chaque soir, elles s'aiment sans relâche, sans peur. Leurs corps, après des années d'inexistence, s'étirent et se déploient. Elles vibrent ensemble, dans un unisson qui les mène au bout d'elles-mêmes, dans un lieu si profond qu'elles s'y perdent chaque soir, et s'y retrouvent sans cesse.

 

À propos

La Plume d'Ivoire

“Lectrice et blogueuse atteinte de boulimie livresque aux goûts très éclectiques ! Je lis et chronique des romans de tous horizons ! ”

Rédigé par Ivy

Facebook

Mes Derniers
Coups de Cœur

Even dead things Morwenna Modiano Eden Bellwether Wheeler Burden Sharaz-De

Lectures en cours

Contact

facebook twitter livraddict hellocoton flux_rss

Sommaire par genre

Coups de coeur
_____________________________

annees 50 aventure bandes dessinees biographies bit-lit chick-lit Conte Érotisme fantastique fantasty Historique horreur Humour Jeunesse littérature classique littérature contemporaine litterature_lgbt victorien nouvelles Pirates romance science_fiction steampunk thriller

Rendez-vous

Challenges Concours j'sais plus où les mettre Top Ten Tuesday

Rédactrice pour
So Busy Girls !


Cliquez sur l'image pour avoir accès à mes articles sur So Busy Girls !


macaron-redactrices-orange-300px



Articles récents

Hébergé par Overblog

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...