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La Plume d'Ivoire

Jeune libraire partageant ses avis de lecture.

Fais de beaux rêves, mon enfant - Massimo Gramellini

Fais de beaux rêves, mon enfant

de Massimo Gramellini

Robert Laffont (2013)

214 pages

 

Quatrième de couverture :

 

A neuf ans, Massimo Gramellini se retrouve orphelin. Sa mère, atteinte d’un cancer, meurt d’une crise cardiaque, et son père, inconsolable, le confie rapidement à une gouvernante indifférente. Massimo grandit sans amour, convaincu que sa mère l’a abandonné, et devient un adolescent tourmenté en proie au doute et à la culpabilité. Privé d’affection dès l’enfance, il est incapable d’entretenir avec les femmes des relations durables. Alors, il raconte des histoires. D’abord à ses camarades de classe, auxquels il fait croire que sa mère travaille pour une entreprise de cosmétiques indienne, afin d’expliquer son absence. Il devient ensuite journaliste sportif, puis reporter de guerre, et acquiert une grande notoriété dans le milieu, jusqu’à devenir le vice-président du quotidien La Stampa. Tandis qu’il enchaîne les déceptions amoureuses, il commence à écrire de petits récits partiellement autobiographiques où il réinvente la mort de sa mère. C’est à cette époque qu’une amie de cette dernière entreprend de lui révéler les véritables circonstances de cette disparition. Comment pardonner leurs faiblesses aux êtres que nous aimons, alors qu’elles entraînent des souffrances inguérissables ?

 

* * *

 

    Le livre s’ouvre sur un homme rendant visite à sa marraine. Lui ayant offert le roman qu’il a lui-même écrit, il l’interroge, il souhaite savoir ce qu’elle a pensé des seules parties autobiographiques du livre : celles qui parlent de feu sa mère, une femme qu’elle connaissait très bien avant son décès. En lisant son livre, sa marraine s’est rendu compte que personne ne lui avait dit ce qui s’était passé le soir de sa mort, qu’il n’était pas au courant, elle décide alors de lui révéler les véritables circonstances de ce décès prématuré. 

 

      Voilà l’essence de ce court prologue. Coupé juste là où il faut pour attiser la curiosité du lecteur. Même sans connaître encore les personnages, on a envie de découvrir quel est ce secret si bien gardé. 

 

    Le prologue donne le ton dès le départ et intrigue aussitôt le lecteur. Les phrases écrites à l’âge adulte sont empreintes d’une touche enfantine qui s’accorde parfaitement avec le narrateur de neuf ans, un peu moins avec celui de quarante mais, une fois dans l’histoire le style se dévore sans discontinuité. 

 

    Le premier chapitre est une plongée instantanée dans un récit autobiographique cruel dans sa sincérité, qui se poursuit jusqu’à la dernière page sur une note plus psychologique. 

    

    On découvre un jeune garçon de neuf ans, très attaché à sa mère qui est très malade. Mais un matin, à son réveil, elle n’est plus là. Il apprendra plus tard qu’elle a succombé à un infarctus dans la nuit. 

    Le petit Massimo nous apparaît quelque peu égocentrique. Pour lui, sa mère est partie parce qu’elle ne l’aimait plus. Mais, même malgré cette facette un peu égoïste, il parvient à nous toucher par sa colère et le fait qu’il soit totalement démuni face à la mort de sa mère.

    C’est là que le puissant traumatisme qui le poursuivra toute sa vie prend forme. Il restera persuadé pendant très longtemps que si sa mère a pu cesser de l’aimer, personne ne réussira jamais à l’aimer. Il nie l’évident décès de sa mère en étant persuadé qu’elle va revenir mais, il lui en veut énormément de l’avoir abandonné. 

    On le suivra toute sa vie, le voir grandir, atteindre la quarantaine et surtout, constater les ravages qu’a créé ce douloureux épisode dans sa vie. 

 

    L’auteur nous épargne gracieusement les scènes de pathos larmoyants mais, c’est à travers le comportement de l’enfant que l’on perçoit son manque et sa détresse. C’est par ses questionnements qu’on a le cœur qui se serre, quand il voit les autres enfants avec leurs mères ou quand il tente de trouver de l’affection maternelle partout où il peut. Le récit ne contient pas de longueurs inutiles, les épisodes de la vie de Massimo sont concis et il est aisé de comprendre ce qui se trame en lui, qu’il l’explicite clairement ou que l’on doive le comprendre à demi-mots. 

 

    L’intriguant prologue qui nous promet son lot de révélations, de secrets de famille enfouis, laisse rapidement la place à un récit posé, sincère et touchant qui nous brosse le portrait d’un homme quelque peu handicapé par un lourd traumatisme. 

    La question de savoir ce qui s’est réellement passé reste à l’esprit en filigrane, tandis qu’on se prend d’affection pour ce narrateur démuni face à la vie qui ne lui fait pas de cadeaux sentimentalement parlant et s’exprime avec une plume délicate et délicieuse à laquelle on prend rapidement goût. Même dans les pires situations, l’auteur parvient à nous faire sourire par des anecdotes ou des réflexions de son enfance. 

 

    Massimo Gramellini nous présente vraiment ici l’histoire d’un homme qui peine à se reconstruire après la mort de sa mère qu’il n’a jamais accepté. Cette perte insurmontable a déclenché la perte d’une partie de lui-même. Même après une vingtaine d’années il se cherche encore, ne sait pas vraiment qui il est, ni ce qu’il veut réellement et cela se traduit beaucoup à travers ses choix d’avenir, qu’il prend à peine le temps de considérer et qu’il laisse couler sur lui en se laissant porter un peu au hasard de la vie. 

 

    Il a également développé une peur panique de l’abandon qui le contraint à se cloisonner plusieurs mois dans une sorte de dépression après chaque échec amoureux. Dès qu’une femme qu’il aime le quitte cela le ramène irrémédiablement au douloureux souvenir de sa mère. 

 

    Le prologue prend vraiment tout son sens dans les dernières pages et nous touche véritablement par des révélations bien trop cruelles, qui seraient à même d’ébranler totalement le narrateur et risquer de le ramener à son point de départ après tant d’efforts. On s’était attaché à cet homme malmené par la vie et on tremble de voir son univers manquer de s’écrouler tout en donnant sens à certaines de ses certitudes. 

    Ce sont également ces quelques dernières pages qui nous font comprendre le comportement de Massimo enfant et nous montre clairement qu’il avait assimilé plus de choses qu’on ne le pensait.

 

    En somme, voici un roman aboutit, bouleversant et sincère porté par une plume délicate, poétique et un humour qui fait sourire volontiers. Un roman sur la reconstruction difficile d’un homme, engendré par la perte trop tôt de la figure maternelle. Un roman fondé également sur le refoulement d’évènements trop durs à supporter. 

 

Fais de beaux rêves, mon enfant - Massimo Gramellini

Ma note :

À six ans, j’avais déjà peint mon ultime chef-d’œuvre : Maman mange une grappe de raisin. La grappe était deux fois plus haute que maman, les grains ressemblaient aux boules de l’arbre de Noël et la figure de maman était identique à un grain de raisin.

Elle l’avait accroché dans la cuisine et le montrait avec orgueil aux parents de passage. Leur expression perplexe m’avait fourni un premier verdict existentiel : la peinture, ça ne serait jamais mon domaine.

Biographie Litté contemporaine

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