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Jeune libraire partageant ses avis de lecture.

Les Mémoires d’Elizabeth Frankenstein - Theodore Roszak

Les Mémoires d’Elizabeth Frankenstein

de Theodore Roszak

Le Cherche midi (Neo - 2007)

547 pages

Première publication : 1995

 

 

Quatrième de couverture :


Recueillie par la baronne Frankenstein, la jeune Elizabeth est introduite dans le monde secret des sorcières et initiée à l'alchimie, aux lois de la nature et à celles du corps humain. De son côté, Victor, fils légitime de la baronne, tournant le dos à cet univers féminin respectueux de la « loi naturelle », est pris du vertige de la science. Il prétend pouvoir créer une vie meilleure, une vie qui ne serait pas née du ventre de la femme mais de la science, nouveau maître du monde.
Alors que Victor s'égare dans sa quête et crée un monstre, Elizabeth essaie de trouver sa place en pleine révolution scientifique... voire scientiste. Peu à peu, leur univers se délite jusqu'à leur tragique nuit de noces...

 

* * *

 

    Poussée depuis plus de six mois à le lire par mon compagnon pour qui ce roman fait partie de ses favoris, je me suis lancée avant de n’avoir plus tellement le temps de me consacrer aux Mémoires d’Elizabeth Frankenstein.

J’avoue n’avoir pas encore pris le temps de lire le Frankenstein de Mary Shelley mais, cela ne fut pas gênant pour cette lecture, au contraire, dans ce roman on suit Elizabeth et les agissements de Victor sont très mystérieux, on ne sait pas exactement ce qu’il fait durant les nombreuses années où il est loin d’elle. Cela donne même envie de lire Frankenstein pour avoir accès à plus de précisions quant à la création du monstre qu’on ne fait que deviner ici. 

 

    On découvre Elizabeth Lavenza très jeune, dès sa naissance d’ailleurs. Sa mère est morte en la mettant au monde, son père, ne supportant pas la vue de cette enfant maudite, la confiera à la gitane qui devait accoucher sa femme. Cette femme l’élèvera presque comme sa propre fille et la protègera des agressions sexuelles que son mari violent ne manque pas de faire subir à ses propres filles pour les « préparer à devenir des catins ».

Elizabeth, remarquée par la baronne Caroline Frankenstein, lui sera vendue par ce père adoptif dépravé et cupide pour une bouchée de pain. La baronne, méprisante envers cet homme ignoble qui n’a que peu d’intérêt pour ses enfants, emmène Elizabeth vers une vie qu’elle lui souhaite bien meilleure et en fait sa fille, même si ses desseins pour cette enfant sont un peu plus conséquents. 

    On assiste donc à l’éducation de Victor et d’Elizabeth au sein du manoir de la famille Frankenstein, ils apprennent consciencieusement les mathématiques, les sciences et l’on voit clairement qu’ils sont élevés dans une famille qui prône la force intellectuelle, les diners sont souvent le théâtre de débats philosophiques intenses. 

 

    Le véritable apprentissage d’Elizabeth commence quand elle devient une femme et saigne pour la première fois. A partir de là, commence son éducation sexuelle et alchimique. Plusieurs femmes lui apprennent comment les enfants viennent au monde puisque nombre de jeunes filles l’ignorent totalement et tombent enceintes sans savoir comment l’enfant est arrivé là. 

 

    C’est beaucoup dans cette partie là que l’on se rend compte de la dimension très féministe du roman. Les hommes, engoncés dans leurs préjugés et leur sexisme à outrance, dénigrent totalement les femmes et leur prêtent une intelligence digne d’une feuille de salade. En cela, certaines femmes tendent à vouloir prouver le contraire, d’ailleurs la mère d’Elizabeth est une femme très instruite qui prouve à elle seule qu’une femme peut être intelligente. Une sorte de rebellion plus ou moins secrète s’organise dans la forêt entre femmes de toutes castes pour s’entraider et s’apprendre mutuellement comment fonctionne leur corps que les hommes jugent « honteux ». Elles revendiquent un droit au plaisir sexuel et ne plus être seulement l’objet de l’assouvissement de celui de leur mari. Une bataille secrète afin d’éviter le bûcher mais qui, doucement, fait bouger les choses au sein de leurs maisonnées. 

 

    Certains passages sont un peu dérangeants moralement parlant surtout dans l’éducation sexuelle d’Elizabeth, certains attouchements sont presque incestueux ou pédophiles et malgré le fait qu’ils soient prodigués avec une volonté d’enseignement, on a quand même les dents qui grincent un peu. 

 

    On découvre un Victor déjà dérangé mentalement à neuf ans, ayant d’énormes prédispositions à devenir le savant fou créateur de l’horreur qu’il sera plus tard. Fana de sciences et ayant pour habitude de côtoyer les automates que son père garde jalousement dans une pièce secrète, il est persuadé qu’un jour des savants créeront des automates si réalistes qu’on les croira humains, et pourquoi pas de chair et de sang ?

    Il s’intéresse de très près au fonctionnement interne des animaux, il attrape des papillons qu’il met sous verre et dissèque déjà des souris… De plus, il est fasciné par la foudre, persuadé qu’elle est source de vie. 

 

    La narration est entrecoupée de « notes de l’éditeur » qui sont en fait les interventions du narrateur, Robert Walton. Il est l’homme ayant recueillit l’histoire de Victor Frankenstein avant sa mort avec le dessein de la publier. Ses recherches l’ont mené à entrer en possession des mémoires d’Elizabeth pour les publier à la suite de l’histoire de Victor. Il intervient donc au cours du récit pour nous parler des recherches qu’il a effectué sur tel ou tel passage des mémoires de la jeune fille et nous éclairer sur certains us et coutumes de l’époque et les comparer à ce que raconte Elizabeth. 

 

    Ce récit débute bien avant le Frankenstein de Mary Shelley et se termine avant sa conclusion puisque Elizabeth trouve la mort avant la fin du roman du roman originel. 

 

    Le style est remarquable, si bien restitué qu’on croirait une histoire vraie. La psychologie d’Elizabeth est si bien exploitée qu’on a du mal à croire que  ce roman n’est qu’une fiction et non pas une véritable autobiographie. Même si l’on peut avoir l’impression qu’il ne se passe pas grand chose, les pages se tournent toutes seules et on veut savoir la suite rapidement. C’est un roman qui nous offre une perspective différente et des détails en plus sur cette histoire tout en gardant assez de mystère pour donner envie de découvrir les passages du point de vue de Victor pour ceux qui ne les connaîtrait pas encore. 

 

Les Mémoires d’Elizabeth Frankenstein - Theodore Roszak

Coup de cœur !

Que veut dire le fait qu’il existe l’homme et la femme ? Que veut dire le fait que l’homme pénètre la femme ? Qu’il pénètre en elle ? Pourquoi sommes nous créés deux pour ensuite brûler du désir de devenir un ? C’est le Un qui compte. Et cela vaut la peine de brûler toute une vie.

 

fantastique Horreur

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